Repas familial.. © Inra, MAITRE Christophe

La formation des préférences alimentaires

Comment apprendre à apprécier les légumes dès la diversification alimentaire

Des travaux ont montré que les jeunes enfants de moins de 3 ans apprennent à apprécier un légume nouveau de manière durable sous l’effet de la répétition des expositions à cet aliment, et apprennent aussi combien en consommer. Le début de la diversification alimentaire (autour de 6 mois) est particulièrement favorable pour ces apprentissages.

Publié le 10/01/2014

La qualité de l’alimentation au cours de la petite enfance impacte l’état de santé de l’adulte. Aussi, il est crucial de pouvoir faire adopter de bonnes habitudes alimentaires aux enfants dès le début de la vie. Un des objectifs du projet HabEat, financé par la Communauté Européenne, et coordonné par le CSGA, était d’étudier comment se forme l’appréciation d’un nouveau légume dès le début de la diversification et au cours des trois premières années. L’enjeu est à la fois cognitif et appliqué, puisqu’une meilleure compréhension de la formation des comportements précoces permet de préciser les messages de santé publique visant à l’adoption de bonnes habitudes alimentaires.

Trois stratégies susceptibles d’impacter l’appréciation d’un nouveau légume ont été comparées :

  • la familiarisation, en répétant les expositions au légume nouveau ;
  • l’association à une flaveur appréciée, en accompagnant le légume d’une saveur sucrée ;
  • et l’association à une densité énergétique plus importante, par l’ajout de 10% d’huile.

L’appréciation du légume nouveau sous la forme de la recette ‘basique’, c’est-à-dire sans ajout de sucre ni d’huile, a été évaluée par l’intermédiaire de la quantité consommée avant et après exposition à l’une des trois recettes. Les résultats ont montré que l’appréciation augmente par expositions répétées à la recette ‘basique’. La saveur sucrée ne conduit pas à une appréciation plus élevée de ce légume que la répétition des expositions. Le renforcement de la densité énergétique conduit rapidement à un rassasiement conditionné : la consommation du légume reste remarquablement stable. La comparaison de ces apprentissages à différents âges a montré que l’âge du début de la diversification alimentaire était particulièrement favorable pour l’introduction d’un nouveau légume, même si jusqu’à 3 ans, les enfants sont toujours susceptibles d’apprendre à aimer un légume nouveau.

Sur la base de ces résultats, il semble important que les recommandations en matière d’alimentation de l’enfant adressées aux parents insistent davantage sur le fait qu’il est plus facile d’introduire de nouveaux légumes avant l’âge de 12 mois qu’au-delà et que l’exposition répétée permet à l’enfant de se familiariser avec un aliment et d’apprendre à l’apprécier.

De plus, pour pouvoir proposer des recommandations ciblées sur les populations susceptibles d’en bénéficier le plus, nous allons étudier les déterminants sociaux des pratiques de diversification alimentaire, sur la base des données recueillies dans la cohorte ELFE (Etude Longitudinale Française depuis l’Enfance), en collaboration avec l’Unité Aliss de l’INRA, l’Unité 1018 de l’INSERM, et l’UMR ELFE, grâce à un financement de l’ANR (projet SOFI, déterminants sociaux de la santé).

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En savoir plus

Remy E, Issanchou S, Chabanet C, Nicklaus S (2013) Repeated Exposure of Infants at Complementary Feeding to a Vegetable Puree Increases Acceptance as Effectively as Flavor-Flavor Learning and More Effectively Than Flavor-Nutrient Learning.Journal of nutritiondoi 10.3945/jn.3113.175646 (175647 p.).

Caton SJ, Ahern SM, Remy E, Nicklaus S, Blundell P, Hetherington MM (2013) Repetition counts: repeated exposure increases intake of a novel vegetable in UK pre-school children compared to flavour-flavour and flavour-nutrient learning.British Journal of Nutrition109:2089-2097.

Caton SJ, Blundell P, Ahern SM, Nekitsing C, Olsen AM, Moller P, Hausner H, Remy E, Nicklaus S Chabanet C, Issanchou S, Hetherington MM. Learning to eat vegetables in early life: the role of timing, age and individual eating trait, under review