Hors d'oeuvres : salades et charcuteries. © CAIN Anne-Hélène

Contrôle de la prise alimentaire

Une odeur de melon ou de poire influence nos intentions de choix alimentaires

Une part significative de nos comportements et de nos choix alimentaires est influencée par des processus non-conscients. Afin d’approcher les mécanismes implicites sous-tendant ces comportements, une équipe du Centre des Sciences du Goût et de l'Alimentation a montré qu'une odeur de fruit non-consciemment perçue avait un impact sur les intentions de choix chez des adultes, guidant leurs choix vers des fruits ou des légumes.

Mis à jour le 13/05/2014
Publié le 10/01/2014

Choix alimentaires et consommations sont les deux paramètres clé du comportement alimentaire, au cœur des recommandations nutritionnelles diffusées auprès des individus par les politiques de santé publique. Nous effectuons quotidiennement un grand nombre de choix alimentaires, sans doute davantage médiés par des processus non-conscients que conscients. Afin d’approcher ces processus, nous avons utilisé un paradigme d’amorçage. Ce paradigme, classiquement utilisé en psychologie cognitive, repose sur le fait que la perception d’un stimulus (l’amorce), qu’elle soit consciente ou non, peut entraîner une modification du traitement d’un autre stimulus (la cible), et aboutir à une modification du comportement. L’amorçage représente donc un moyen d’approcher et de comprendre les processus sous-jacents aux comportements alimentaires qui ne sont pas toujours accessibles par questionnement direct. De plus, ce paradigme peut être vu comme un outil potentiel d’intervention puisqu’il peut «guider» les choix des individus vers des choix plus en adéquation avec les recommandations nutritionnelles en vigueur.

Nous avons montré qu’une odeur de melon non-consciemment perçue peut activer de manière très spécifique le concept de l’aliment correspondant à l’amorce. De plus, les résultats indiquent que l’exposition incidente à une odeur de melon ou de poire a un impact sur les intentions de choix des participants : les participants exposés à l’odeur de melon ont tendance à choisir plus souvent une entrée à base de légumes, et les participants exposés à l’odeur de poire choisissent significativement plus souvent un dessert contenant des fruits, comparés aux individus des groupes contrôles. L’odeur de melon ou de poire pourrait activer des représentations mentales correspondant au contexte de consommation de ces fruits : « entrée à base de fruits ou légumes » dans le cas du melon souvent consommé en entrée, et « dessert fruité » dans le cas de la poire.

Une suite logique à ces premiers travaux a été d’étudier ces effets d’amorçage olfactif sur des choix alimentaires en situation réelle de consommation. Ainsi, les résultats indiquent que des participants incidemment exposés à une odeur de poire choisissent significativement plus le dessert contenant des fruits, à l’occasion d’un repas pris au laboratoire, par rapport à des participants non-exposés. Il est maintenant souhaitable de poursuivre ces études en dehors du laboratoire afin de voir l'impact réel d'un amorçage olfactif sur des choix alimentaires en situation écologique.

En savoir plus

Gaillet, M., Sulmont-Rossé, C., Issanchou, S., Chabanet, C., & Chambaron, S. (2013). Priming effects of an olfactory food cue on subsequent food-related behaviour. Food Quality and Preference, 30, 274-281.

Gaillet, M., Sulmont-Rossé, C., Issanchou, S., Chabanet, C., & Chambaron, S. (under review). Impact of a non-consciously perceived odour on subsequent food choices. Appetite