Hors d'oeuvres : salades et charcuteries. © CAIN Anne-Hélène

Contrôle de la prise alimentaire

L’activité physique à haute intensité: un remède contre l'obésité infantile?

L’activité physique modérée fait partie intégrante de la stratégie de prise en charge du sujet obèse ou à risque de le devenir. Nous avons démontré pour la première fois que l'exercice intensif peut favoriser un bilan énergétique négatif, bien sûr en affectant les dépenses énergétiques, mais surtout en diminuant la prise alimentaire spontanée d’adolescents obèses. Cette modification des apports énergétiques n’a pas été accompagnée de variation des sensations de faim, ce qui suggère que les adolescents ne sont pas à risque de frustration alimentaire.

Publié le 22/07/2013

L'obésité des enfants et des adolescents est devenue une préoccupation majeure de santé publique dans le monde entier. Les traitements anti-obésité visent à promouvoir une alimentation saine et la pratique régulière d’une activité physique, le plus souvent d’intensité faible à modérée (≤ 60% de la capacité maximum). Cependant, ces approches ne touchent pas la dépense d'énergie et ont démontré une faible efficacité dans le temps (King et al., 1995). En revanche, des études chez l’adulte sain ont montré qu’une charge de travail intensive (≥ 65% de la capacité maximale) peut induire une anorexie et diminuer la faim (Deforche et al., 2005). Un exercice intensif pourrait donc être plus approprié que l’exercice modéré pour traiter l'obésité, car il agirait à la fois sur les dépenses d'énergie et sur la prise alimentaire. Cependant, aucune donnée sur cette question n’existait chez les enfants ou les adolescents obèses. 

15 adolescents obèses ont effectué trois passages de 24-h en chambres calorimétriques dans un ordre aléatoire : 1) une journée contrôle sans activité physique (SED) ; 2) une journée avec un exercice d’intensité faible – 40% VO2max (LIE) ; 3) une journée avec exercice de haute intensité - 75%VO2max (HIE). La prise énergétique ad libitum a été évaluée ainsi que les sensations de faim. Pour la première fois, nos résultats soulignent un effet anorexigène (diminuant la prise alimentaire) de l’exercice intense chez l’adolescent obèse. Par rapport à la journée sédentaire (SED) ou avec un exercice d’intensité faible (LIE), les participants ont en effet réduit de 31% leur prise alimentaire aux repas du midi et du soir, ceci ayant permis d’induire un bilan énergétique négatif sur la journée. Cette modification des apports énergétiques n’a pas été accompagnée de variation des sensations de faim, ce qui conforte l’hypothèse avancée pour un adulte mince d’un découplage entre la régulation par l’organisme de la prise alimentaire et les sensations de faim.Si cet effet anorexigène de l’exercice intense favorisant un bilan énergétique négatif s’avérait maintenu de manière durable, cela ouvrirait des perspectives de prise en charge de l’obésité infantile sans qu’un régime alimentaire soit imposé, ce qui constitue la plupart du temps un frein à la réussite des traitements.Nous travaillons donc aujourd’hui à la validation de l’intérêt au long terme de l’insertion de sessions d’exercice intense dans la prise en charge par l’activité physique des sujets obèses.

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En savoir plus

Thivel D, Montaurier C, Isacco L, Boirie Y, Duché P*, Morio B*. 24-h Energy intake of obese adolescents is spontaneously reduced after intensive exercise: a complete exploration in calorimetric chambers. PLoS ONE 2011 (Epub ahead of print).

- Thivel D, Isacco L, Taillardat M, Rousset S, Boirie Y, Morio B*, Duché P*. Gender effect on exercise-induced energy intake modification among obese adolescents. Appetite. 2011;56:658-61.

- Thivel D, Isacco L, Rousset S, Boirie Y, Morio B*, Duché P*. Intensive exercise: a remedy for childhood obesity? Physiol Behav. 2011;102:132-6.