Sujet âgé en train de manger. © Inra

Alimentation et vieillissement

Sélectivité alimentaire, dépendance et dénutrition

La sélectivité alimentaire peut être définie comme la propension d’un individu à rejeter de nombreux aliments, y compris des aliments considérés comme familiers dans sa culture (c’est ce que le langage populaire désigne par l’expression « être difficile pour son alimentation »). Si la sélectivité a été bien étudiée chez les enfants, son impact sur le statut nutritionnel des personnes âgées reste largement méconnu.

Publié le 26/11/2013
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Dans le cadre de l’enquête AUPALESENS, la sélectivité a été mesurée en demandant à chaque participant de cocher les aliments qu’il n’aimait pas parmi une liste de 71 aliments, ces derniers incluant à la fois des aliments bruts (avocat, poireaux…) et des plats (poulet basquaise, crème pralinée…). Afin de prendre en compte le fait que certains aliments peuvent être « non aimés » car difficiles à manger, les participants ont également évalué leur difficulté à manger (difficulté pour couper, mâcher, avaler les aliments).

Les résultats ont montré une corrélation entre sélectivité et dépendance. Sans préjuger du sens de la relation de cause à effet, il apparaît que la sélectivité augmente au fur et à mesure que la dépendance augmente. Les résultats ont également montré qu’une augmentation de la sélectivité était corrélée à une augmentation du risque de dénutrition, indépendamment de la difficulté à manger : plus une personne est difficile pour son alimentation, et plus son statut nutritionnel est altéré.

Au regard de ce résultat et du nombre non négligeable de personnes âgées difficiles en institution (36% des participants résidant en EHPAD rejetaient 20% ou plus des aliments proposés), il serait intéressant de repérer les personnes difficiles dès lors qu’elles deviennent dépendantes pour leur alimentation. Ceci pourrait permettre de mieux adapter l’offre alimentaire proposée à ces personnes et in fine de contribuer à lutter contre la dénutrition au sein de cette population.

En savoir plus

Les résultats de l'étude Aupalesens ont été présentés lors d'un séminaire de restitution "Quels leviers sensoriels pour prévenir et lutter contre la dénutrition chez les personnes âgées" le 26 novembre 2013.

Lire le communiqué de presse

A propos des auteurs

Isabelle Maître1, Marion Amand2, Claire Sulmont-Rossé3

1 LUNAM Université, Groupe ESA, UPSP GRAPPE, Angers, France
2 LUNAM Université, ONIRIS, Unité de Sensométrie et Chimiométrie, Nantes, France
3 Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation, INRA, CNRS, Université de Bourgogne, Dijon, France